Ecrire : don ou fruit d’un apprentissage ?

art d'écrire

crédit image : couverture d’un ouvrage de Paillasson, publié en 1964 par « Les Libraires Associés »

 

 

Apprendre à écrire, apprendre à mieux écrire.

Se former, se perfectionner.

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

Depuis bientôt sept années que j’écris, j’ai pu échanger avec de nombreux acteurs du livre : auteurs, éditeurs, distributeurs, libraires, organisateurs d’événements, imprimeurs, etc.

Édité et auto-édité, en formats longs (romans) comme en formats courts (nouvelles, contes) et intermédiaires (novellas) j’ai pu discuter avec des personnes évoluant dans le monde de l’édition traditionnelle (à compte d’éditeur), de l’auto-édition, ou dans les deux (les fameux hybrides).

J’ai également discuté avec de nombreuses personnes en souffrance, souvent tombées hâtivement dans des formats d’édition à compte d’auteur se faisant passer pour des éditeurs à compte d’éditeur. L’édition à compte d’auteur peut être un bon choix quand ce dernier est voulu et réfléchi, mais c’est rarement le cas quand il est subi et qu’on s’attendait à autre chose.

Prenez le temps de bien vous renseigner avant de signer un contrat ou de vous engager, c’est important, c’est essentiel, dans l’écriture comme pour acheter une maison, une voiture, etc.

Ce que j’ai pu constater au fil de ces nombreuses discussions, c’est que quand on parle écriture, deux points de vue sensiblement opposés ressortent souvent : le talent et le travail.

 

Le talent :

Écrire, c’est un don. On possède ce dernier ou ne le possède pas. En clair, ça ne s’apprend pas.

 

Le travail :

Écrire, ça s’apprend. C’est une question de méthode et de travail.

 

Personnellement, je suis convaincu qu’écrire est un métier, et que comme tout métier, cela s’apprend et se travaille.

Bien sûr, certaines personnes seront plus douées que d’autres, plus à l’aise ou plus efficaces que d’autres, retiendront et assimileront plus vite ou plus aisément certains mécanismes que d’autres, mais il n’empêche qu’écrire, cela s’apprend, et cela se travaille.

Cela s’apprend, c’est-à-dire qu’il y a des méthodes, et que pour assimiler ces dernières, on peut se former. On doit se former. Se contenter du talent que l’on pourrait avoir, et que certains ont déjà en eux, car nous sommes en effet inégaux sur ce point, sans le nourrir, quel gâchis ! Ne pas essayer ou abandonner sous prétexte qu’on n’aurait pas de talent, ou qu’on nous l’a fait croire, quel dommage !

Écrire, c’est s’adresser à un public. S’adresser à un public, c’est utiliser des codes. On utilise ces codes pour raconter quelque chose à un public cible. Ceux qui soutiennent que l’écriture n’est qu’histoire de talent ont à mon sens une vision très romantique du métier et des œillères qui risquent fort de les empêcher d’évoluer, à moins que cela ne soit pure malveillance à l’encontre de celles et ceux qui veulent s’améliorer.

J’ai rencontré beaucoup d’auteurs bienveillants, mais aussi beaucoup d’auteurs qui l’étaient moins… Comme dans tout métier, il y a des personnes sympathiques et positives, et d’autres moins, qui peuvent parfois se révéler très toxiques, ou tout simplement « bêtes » ou jalouses. Après tout, on est humains, et on a tous ses qualités et ses défauts. Le tout, c’est de s’entourer des bonnes personnes.

Tout le monde est capable d’écrire. Mais raconter une histoire et la diffuser à un large public, cela ne s’improvise pas. Cela s’apprend. Et quand on a appris, cela ensuite se travaille. Comme pour tout métier, on apprend d’abord la théorie, puis la pratique, souvent les deux en parallèle, et plus on pratique et plus on se spécialise, plus on acquiert de connaissances, plus on acquiert d’expérience, plus on devient efficace, pertinent, professionnel.

C’est à cela qu’on distingue un débutant d’un professionnel. La formation et l’expérience. La méthode et le travail.

Ce billet a pour seul but de vous encourager vivement à vous former, encore et toujours. Soyez curieux. Identifiez vos faiblesses. Cherchez des formations, fussent-elles à distance ou en présentiel. Intéressez-vous par exemple à l’écriture narrative, surtout si vous réalisez des écrits de fiction. Intéressez-vous aux mécanismes d’écriture, aux spécificités du ou des genres dans lesquels vous écrivez, au marketing, au blogging, etc.

Dans le monde de l’écriture, on peut se former à bien des choses utiles, selon ses attentes et ses choix. Un incontournable sera cependant l’écriture narrative, ce qu’on nomme couramment la scénarisation dans le monde du cinéma.

Avant toute chose, je vous invite à chercher une méthode !

Difficulté : il en existe peu dans le paysage français. Pourtant, on commence à en trouver, mais pour cela, il faut chercher, souvent longuement, observer avec attention, et quand on pense avoir trouvé la perle rare, il faut faire l’effort de se lancer. Effort financier d’abord, car une formation digne de ce nom n’est pas gratuite. Effort personnel ensuite : assiduité, investissement, pratique, transférabilité.

 

Comment reconnaître une « bonne » formation ?

Quelques indices :

– un programme clairement présenté et détaillé

– des objectifs concrets

– du contenu

– des exercices pratiques

– un formateur à votre écoute, qui intervient, vous accompagne, vous conseille, vous corrige (cela peut être par mail et/ou téléphone, peu importe que ce soit en présentiel ou pas, mais il est important que des échanges aient lieu, en direct et/ou différé)

– une méthode progressive

– un parcours personnalisé qui va s’adapter à vous, pour transférer les savoirs et les savoir-faire que vous allez acquérir à votre propre pratique

– un lieu d’échange avec d’autres apprenants, comme par exemple un forum. Un lieu en tout cas « protégé » et privé ou les apprenants se retrouvent et peuvent échanger entre eux, ainsi qu’avec le formateur

En parallèle de telles formations, on peut bien sûr s’auto-former. Il existe de nombreux ouvrages, de nombreux parcours de types plates-formes à distance, qui vous permettent d’apprendre et d’améliorer votre pratique. Vous pouvez aussi rejoindre des ateliers d’écriture, des groupes littéraires, des cafés thématiques, des associations de gens de lettres, etc.

Ces parcours et ces lectures sont utiles et intéressants, il faut en faire, mais ils ne vous feront jamais autant avancer qu’un parcours avec un professionnel averti qui pourra partager son expérience et vous corriger, vous motiver, vous guider.

 

Comment reconnaître un bon formateur ?

C’est sûrement là la partie la plus délicate. S’il existe peu de formations dignes de ce nom dans le paysage français, on en voit fleurir de plus en plus ces dernières années, et une bonne partie est proposée par des personnes qui s’improvisent formateurs, souvent par passion ou envie de partager, et parfois dans l’unique but de vendre un produit.

Si des auteurs chevronnés peuvent être de bons formateurs, mon expérience me permet de suggérer que des personnes issues du monde du cinéma et notamment des branches de la scénarisation sont souvent de bons formateurs.

Raconter une histoire, cela suit des schémas précis, cela s’inscrit dans une structure, une méthode, et c’est ainsi qu’on pourra toucher l’intérêt du public, l’intérêt des lecteurs, et faire d’une œuvre simplement sympathique et agréable à lire un best-seller.

Le talent en fait certes partie, mais le talent, c’est plus une affaire de style. Et le style, cela ne s’apprend pas. Cela se travaille, cela s’acquiert et se précise avec l’expérience. Il n’y a pas de méthode pour avoir du talent, il n’y a que la pratique, la passion et la persévérance. La structure par contre, cela s’apprend ET se pratique.

Je pourrais vous parler de différentes formations que j’ai suivies, des lectures que j’ai pu faire, mais je pense que chacun doit faire ses propres découvertes, ses propres expériences, et trouver botte à son pied.

Nous avons tous un parcours différent, des attentes différentes, des sensibilités différentes. Ce qui convient à l’un ne conviendra pas à l’autre et vice versa. Par contre, tout le monde est capable d’apprendre et de s’améliorer en se formant.

La formation, c’est essentiel, dans tous les métiers. Ceux qui ne se forment pas stagnent, voire régressent. Ceux qui se forment s’adaptent, s’améliorent, prennent du galon, de l’avancement, deviennent de meilleurs professionnels, savent faire face à davantage de situations, plus efficacement et plus sereinement. Ils deviennent plus compétents et peuvent à leur tour partager leurs connaissances à ceux qui ne les possèdent pas.

Pour l’écriture, c’est pareil. Se laisser la chance de se former, travailler avec résolution, régularité et acharnement, c’est cela qui fera de vous un « bon » professionnel.

Vous rencontrez une difficulté ? Identifiez-la et trouvez un moyen de la dépasser. Vous trouverez forcément quelqu’un qui pourra vous aider.

La mode actuelle est au coaching. On met un peu tout et n’importe quoi sous cette étiquette. Toutefois, l’idée est la même. Un coach, c’est comme un formateur. C’est quelqu’un qui va vous accompagner, vous faire atteindre et dépasser vos limites, vous faire prendre conscience de vos faiblesses, vous aider à les exploiter. Un coach va vous donner une méthode ! Ensuite, qu’est-ce qui va vous permettre de continuer à évoluer ? Le travail ! La pratique ! Alors, zou, au boulot J

Et pour vous, l’écriture est-elle une affaire de talent ou de travail ?

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